Attentat à Ghisonaccia : ce que l’on sait de l’explosion qui a détruit une villa en Haute-Corse

Une villa a été détruite par une explosion vers 2 h 15 dans la nuit du vendredi 25 au samedi 26 septembre 2026 à Ghisonaccia, en Haute-Corse, et le parquet national antiterroriste (PNAT) s’est saisi de l’enquête, a confirmé le procureur de la République de Bastia, Jean-Philippe Navarre. La maison, au lieu-dit Strada nova, appartenait à un couple de retraités vivant sur le continent et venait d’être mise en vente. Une inscription « FLNC 22/10 » aurait été découverte sur place. Voici ce qui est établi à ce stade, et ce qui ne l’est pas.

En bref

  • Explosion vers 2 h 15 dans la nuit du vendredi 25 au samedi 26 septembre 2026, lieu-dit Strada nova, à Ghisonaccia (Haute-Corse).
  • Une villa appartenant à des retraités du continent, récemment mise en vente, a été détruite (« partiellement détruite » selon l’AFP).
  • Le PNAT a ouvert une enquête de flagrance, notamment pour association de malfaiteurs terroriste.
  • Une inscription « FLNC 22/10 » aurait été retrouvée sur les lieux ; aucune revendication formelle n’était rapportée samedi après-midi.

Ce qui s’est passé dans la nuit #

Selon ICI RCFM (ex-France Bleu), premier média à révéler les faits samedi 26 septembre, l’attentat est survenu à 2 h 15 sur la commune de Ghisonaccia, dans la plaine orientale, au lieu-dit Strada nova. Une source proche du dossier citée par l’AFP situe l’explosion « vers 2 heures du matin ».

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La maison visée appartient à un couple de retraités résidant sur le continent et avait été récemment mise en vente, selon ICI RCFM et l’AFP. Les deux sources divergent légèrement sur l’ampleur des dégâts : la radio parle d’une villa détruite, l’agence d’une maison « partiellement détruite ». Dans la matinée, la zone a été sécurisée et les démineurs se trouvaient sur place, d’après ICI RCFM.

Les comptes rendus publiés samedi par le parquet, l’AFP, ICI RCFM et France 3 Corse ViaStella ne mentionnent aucun blessé.

Pourquoi le parquet antiterroriste est saisi #

« Le Parquet national antiterroriste (PNAT) est saisi du dossier », a indiqué le procureur de Bastia, Jean-Philippe Navarre, cité par France 3 Corse ViaStella. Contacté par la chaîne, le PNAT a confirmé l’ouverture d’une enquête de flagrance des chefs de « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte de terrorisme et destruction en bande organisée du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes en relation avec une entreprise terroriste ».

Concrètement, cette qualification signifie que les enquêteurs considèrent que les faits pourraient viser à troubler gravement l’ordre public par l’intimidation, et pas seulement à détruire un bien. Le PNAT, compétent sur tout le territoire en matière de terrorisme, reprend alors la main sur un dossier qui relèverait sinon du parquet local. Cette saisine ne préjuge pas de l’identité des auteurs.

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Qui enquête #

Selon France 3 Corse ViaStella et l’AFP, les investigations sont confiées à plusieurs services :

Service Rôle
SDAT (sous-direction antiterroriste) Service spécialisé de la police judiciaire nationale
DIPN de Bastia Direction interdépartementale de la police nationale
DIPN d’Ajaccio Direction interdépartementale de la police nationale
Section de recherches de la gendarmerie de Corse Unité d’enquête judiciaire de la gendarmerie

L’inscription « FLNC 22/10 » : ce qu’elle désigne #

L’inscription « FLNC 22/10 » aurait été retrouvée sur les lieux, selon ICI RCFM, une information reprise par l’AFP. Le sigle renvoie au Front de libération nationale corse du 22 octobre, une organisation clandestine née le 22 octobre 2002 d’une scission, longtemps rivale du FLNC-Union des combattants (FLNC-UC) avant un rapprochement entre les deux mouvements dans les années 2020.

Une inscription n’est pas une revendication : samedi après-midi, aucun communiqué signé d’un groupe clandestin n’avait été rendu public, et ni le parquet ni les enquêteurs n’avaient désigné d’auteur. Les médias qui rapportent l’inscription l’emploient d’ailleurs au conditionnel.

Le contexte : les menaces d’août contre les « non-Corses » #

L’attentat intervient sept semaines après une conférence de presse clandestine du FLNC-UC tenue le 5 août 2026 et révélée par Corse-Matin. Une quinzaine d’hommes cagoulés et armés y avaient dénoncé une « colonisation de peuplement galopante » et la hausse des résidences secondaires. S’adressant à ceux qu’ils appellent les « envahisseurs », ils avaient lancé : « En attendant que nos droits nationaux soient reconnus et respectés, nous n’avons qu’un message à leur adresser : restez chez vous », avant d’ajouter : « et dans le cas contraire, ne vous considérez pas en sécurité sur notre territoire national ».

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Dès le lendemain, jeudi 6 août, le PNAT avait ouvert une enquête préliminaire pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme », portant aussi sur « l’acquisition, la détention et le transport d’armes, de munitions ou d’éléments d’armes de la catégorie A et B en relation avec une entreprise terroriste », comme l’ont rapporté CNews et Infodujour à partir du communiqué du parquet.

Aucune source officielle n’a, à ce stade, relié l’explosion de Ghisonaccia à ces menaces ni à cette enquête d’août. L’inscription signalée samedi renvoie d’ailleurs au FLNC du 22 octobre, et non au FLNC-UC auteur de la conférence d’août.

Un calendrier politique chargé #

Lors de la même conférence d’août, le FLNC-UC s’était opposé au projet de loi constitutionnelle « pour une Corse autonome au sein de la République », adopté par l’Assemblée nationale le 23 juin 2026. Le texte doit être examiné par la commission des lois du Sénat à partir du mercredi 21 octobre, avant un passage en séance publique le lundi 26 octobre, selon le calendrier annoncé en juillet. Pour aboutir, la révision constitutionnelle doit être adoptée dans les mêmes termes par les deux chambres.

Chiffres et repères clés #

  • 2 h 15 : heure de l’explosion selon ICI RCFM (« vers 2 heures » selon l’AFP).
  • 4 services d’enquête mobilisés (SDAT, DIPN de Bastia et d’Ajaccio, section de recherches).
  • 6 août 2026 : ouverture de l’enquête préliminaire du PNAT après les menaces du FLNC-UC.
  • 21 et 26 octobre 2026 : examen du texte sur l’autonomie de la Corse en commission puis en séance au Sénat.

Pour situer la commune, Ghisonaccia se trouve en Haute-Corse (2B), voir notre liste complète des départements français. Et pour croiser les versions sur une actualité qui évolue vite, notre méthode pour décrypter l’actualité par la revue de presse reste utile. Notre dernier suivi d’un fait d’actualité : l’incendie sur l’A61 à Carcassonne.

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Questions fréquentes #

Y a-t-il des victimes après l’explosion de Ghisonaccia ?

Les informations diffusées samedi 26 septembre par le parquet de Bastia, l’AFP, ICI RCFM et France 3 Corse ViaStella ne font état d’aucun blessé. La villa, mise en vente, appartenait à des retraités vivant sur le continent.

Pourquoi le parquet national antiterroriste est-il saisi ?

Le PNAT a ouvert une enquête de flagrance pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte de terrorisme et destruction en bande organisée par un moyen dangereux, en relation avec une entreprise terroriste. Une inscription « FLNC 22/10 » aurait été retrouvée sur les lieux.

L’attentat a-t-il été revendiqué ?

Samedi après-midi, aucune revendication formelle n’avait été rendue publique. Seule une inscription « FLNC 22/10 », rapportée au conditionnel par ICI RCFM et l’AFP, a été signalée. Aucun auteur n’a été désigné par la justice.

À retenir

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Une villa de retraités du continent, en vente, a été détruite par une explosion vers 2 h 15 le samedi 26 septembre 2026 à Ghisonaccia. Le PNAT est saisi pour association de malfaiteurs terroriste ; une inscription « FLNC 22/10 » aurait été découverte. Aucun blessé n’est mentionné. L’enquête, confiée à la SDAT, aux DIPN de Bastia et d’Ajaccio et à la gendarmerie, ne désigne pour l’heure aucun auteur.

Sources : ICI RCFM, France 3 Corse ViaStella, Corse Net Infos (avec AFP), CNews, Infodujour, France 3 Corse (calendrier Sénat).

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